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Lettres persanes - Montesquieu (1721)

Edition : Livre de poche, 2006

 

Résumé :
Usbek, un grand seigneur persan intelligent et désabusé, accompagné de son jeune ami Rica, plus malléable et enthousiaste, vient à Paris afin de découvrir les secrets et l'art de vivre du monde occidental. Les mœurs, les caractères, les types sociaux, le décor et la vie - tout les surprend et les pousse au parallèle avec leur propre monde. Puis, une fois surmonté le premier désarroi, cette société nouvelle révèle peu à peu ses fondements et ses lois, mais également ses drames. L'étranger d'abord étonné devient observateur politique, philosophe et quasi-sociologue avant l'heure : " Comment peut-on être persan ? " Si dès leur parution en 1721, les Lettres persanes rencontrent un considérable succès, c'est qu'au-delà du roman par lettres ce livre étrange et neuf est une chronique politique en même temps qu'un journal de voyage. C'est aussi un essai de morale, mais convenons qu'en Montesquieu le moraliste est gai, et que le ton de ses lettres est volontiers narquois. Voltaire, ainsi, a pu juger que, dans cet " ouvrage de plaisanterie ", " plein de traits annoncent un esprit plus solide que son livre ". En réalité, le livre est aussi solide que l'esprit car la leçon du roman est que l'impertinence est libératrice : l'écrivain accepte le monde où il vit, mais refuse d'en être la dupe. 

Mon avis :
Ce fut une lecture tout à fait passionnante ! Le voyage des Persans Rica et Usbeck nous offre non seulement un regard étranger sur la France du 18e siècle mais aussi la découverte de l’Orient, et particulièrement du monde du sérail. Cette œuvre mêle le genre épistolaire, roman de harem, intrigues passionnelles, et réflexions politiques et philosophiques. Les lettres ne sont pas simplement des réponses les unes aux autres.
Rica s’adapte très bien  à la vie parisienne. Son ton est particulièrement satirique. C’est un  personnage léger, qui apporte au roman un ton comique. Usbek, quant à lui, est beaucoup plus grave et ne s’adapte pas vraiment à la vie menée à Paris. Il livre au lecteur ses réflexions sur la politique, sur le bonheur… Eloigné du harem, Usbek perd son autorité sur ses femmes et le contrôle du sérail, ce qui crée un parallèle avec la question du pouvoir, de l’exercice du pouvoir, et le rôle des Princes. La question de la condition des femmes se pose également, tant pour les parisiennes, que pour les persanes et c’est un sujet qui me passionne.
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette œuvre.
Source image et résumé : amazon.fr

 

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